Éditorial de La tribune des travailleurs du 5 juillet 2023

Pas avec lui !

Dans la situation chaotique que connaît le pays, il y a quelque chose d’indécent et de grotesque à voir Macron et ses ministres s’agiter pour défendre des causes qui ne sont pas les leurs.

L’école, les services publics, les transports ? C’est Macron qui ordonne fermetures et privatisations.

La vie des travailleurs ? C’est lui qui fait rallonger de deux ans la vie de travail avec sa réforme des retraites, c’est lui qui bloque tout mécanisme d’ajustement des salaires sur l’inflation.

La défense des élus ? Il alourdit toujours plus les charges qui pèsent sur les communes, creusant le fossé entre les élus et la population.

Le pillage ? Son gouvernement a prélevé 600 milliards d’euros de fonds publics pour les offrir aux patrons pendant la pandémie, puis à nouveau 413 milliards pour la loi de programmation militaire, c’est-à-dire pour la guerre. C’est lui qui encourage les multinationales à piller les richesses des pays d’Afrique et d’Asie au détriment des intérêts de leurs peuples.

Ce gouvernement qui fait mine de vouloir protéger la population a déjà préparé ses prochains coups, comme le Service national universel obligatoire pour embrigader la jeunesse et le nouveau plan d’austérité de 60 milliards d’euros, exigé par l’Union européenne, pour tailler en pièces les services publics et la Sécurité sociale.

Ni Macron, ni Borne et leurs ministres ne peuvent défendre la population, ses intérêts, ses services publics, ses commerces de proximité.

Pourtant, force est de constater qu’au prétexte de faire face au chaos les dirigeants de la « gauche » jouent la carte de l’Union sacrée.

Borne invite les groupes parlementaires à chercher des solutions avec elle ? Ils y sont tous. Macron convoque les élus de toutes couleurs politiques ? Ils y vont. Certes, les dirigeants de la Nupes critiquent ici ou là la politique du gouvernement. Mais pas un seul n’ose dire : Macron doit partir tout de suite !

C’est pourtant la question centrale. Ce pays est profondément malade, il se fracture et se disloque. De quoi est-il malade ? De la politique d’un gouvernement tout entier au service des banquiers, capitalistes et spéculateurs, un gouvernement qui n’hésite devant aucune destruction, aucune remise en cause des droits, aucun démantèlement social pour satisfaire leur appétit de profit.

Loin de répondre à l’attente du peuple travailleur, les dirigeants de « gauche » poursuivent sur la voie de l’Union sacrée, comme ils l’ont fait auparavant en votant au Parlement européen avec les députés macronistes et de droite pour donner toujours plus d’argent pour la guerre en Ukraine.

Ce n’est pas avec Macron et consorts que des solutions seront trouvées. C’est au contraire sans eux, et contre eux. L’exigence de la rupture avec Macron est au centre de toute réponse ouvrière à la situation.

Lutter pour un gouvernement sans Macron ni patrons, pour un gouvernement sans armée dans les écoles et sans pillage des fonds publics pour les multinationales et la guerre : telle est la ligne de conduite du POID, dictée par les seuls intérêts des travailleurs et des jeunes.